Archives pour la catégorie Récit SF

RÉCIT SF – La grotte de Ganoysis

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Illustration de Dan Durda.

La grotte de Ganoysis

Sarah ressentait la douleur parcourir son bras tout entier, mais il lui fallait faire vite. La jeune pilote se dégagea tant bien que mal de cet enchevêtrement de câbles et de pièces métalliques arrachés qui noyaient le cockpit, puis elle se jeta hors du poste de pilotage et atterrit brutalement deux mètres plus bas, sur le sol humide de Ganoysis. Elle serra les dents. Son bras. La douleur était devenue si intense qu’elle avait envie de crier. Elle se releva en titubant avant de s’éloigner le plus vite possible de son vaisseau.

L’explosion retentit dans la jungle où Sarah s’était réfugiée à temps. La jeune femme se retourna pour voir les dernières gerbes de flammes s’échapper du Drakkar, son fidèle vaisseau qui l’avait accompagnée dans presque toutes ses missions. Dans son malheur un seul réconfort : celui d’être parvenu à atteindre Ganoysis, cette petite lune de la planète Veldaüs, la seule à posséder de l’oxygène. Sarah connaissait les risques du métier, mais après huit années de pilotage elle avait fini par s’imaginer protégée par le destin. Un sourire moqueur se dessina sur son visage où perlaient quelques gouttes de sang.

17080705094515263615204805 dans Récit SFSarah progressait difficilement dans la jungle de Ganoysis, et son bras se rappelait régulièrement à elle par de douloureuses piqûres. Elle avançait, mais où allait-elle exactement ? Elle n’en savait rien et s’en fichait éperdument à l’heure où elle se retrouvait définitivement clouée sur une planète inconnue, un monde extraterrestre parmi tant d’autres, seulement répertorié sur les cartes astrales comme repère de navigation. Comment allait-elle survivre ? Allait-on seulement se rendre compte un jour de sa disparition et envoyer une équipe à son secours ?

La chaleur humide de la jungle de Ganoysis devenait insupportable. Sarah s’arrêta pour reprendre son souffle. Elle marchait déjà depuis plus d’une heure. La jeune femme s’essuya son front en sueur et regarda autour d’elle. Elle s’étonnait de n’avoir rencontré aucun animal. Cette jungle n’était qu’un univers végétal étrangement silencieux. Cela finit par éveiller en elle un soupçon d’inquiétude qui se transforma progressivement en peur tenace. Elle reprit néanmoins sa marche et se retrouva bientôt devant une grotte. Sarah décida d’y pénétrer, considérant qu’elle pourrait s’y abriter pour y passer la nuit.

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Aussitôt, une odeur nauséabonde la fit sursauter et grimacer. Dans un geste vain pour atténuer la puanteur Sarah se couvrit le nez d’une main tremblante tandis que de l’autre elle cherchait fébrilement dans sa veste sa lampe-torche. La grotte était si profonde qu’il y régnait une obscurité malsaine. Le faisceau lumineux révéla alors un spectacle effrayant : des centaines de corps en putréfaction jonchaient le sol, s’entassant jusqu’au plus loin de l’endroit. Il s’agissait d’animaux de toutes espèces, de toutes tailles et de toutes formes, les animaux de cette jungle de Ganoysis.

Un grognement sourd résonna soudain dans la grotte. Une masse informe et gélatineuse venait de surgir de nulle part, balançant ses longs bras tentaculaires en direction de Sarah. L’un d’entre eux l’atteignit brusquement à la tête. La jeune femme fut alors soulevée dans les airs avant d’atterrir dans la gueule béante du monstre. Sarah disparut dans ses entrailles et ses restes furent vite recrachés parmi les corps en décomposition. Sarah reposait désormais parmi les centaines de proies de ce redoutable prédateur inconnu, celui que les tribus du coin surnommait le dragon de Ganoysis…

- by SF Prototype -

RÉCIT SF – Les ruines de Mypraïs

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Angus McKie

Les ruines de Mypraïs

Des ruines. Il ne restait que des ruines là où, autrefois, il y a des milliers d’années, devait se dresser une immense cité étincelante.

Trevor regarda autour de lui. Pas une âme qui vive, rien que des bâtiments effondrés, des tours éventrées et des routes disloquées. Même s’il portait une combinaison spatiale étanche affublée d’un lourd casque le protégeant des rayons mortels du soleil de Mypraïs, il pouvait presque entendre le vent souffler dans ce paysage désertique et poussiéreux.

17070203375915263615125308 dans Récit SFTrevor avança au milieu de cette désolation, déterminé à trouver des réponses à ses questions. Que s’était-il donc passé en ce lieu il y a fort longtemps ? Une guerre ? Un cataclysme ? Autre chose ?… Il gravit des escaliers, longea une passerelle, traversa un long couloir qui le mena bientôt dans une immense salle où se dressaient des statues encore intactes. S’agissait-il de dieux ? Était-ce un temple ? Leur apparence menaçante et leur aspect difforme lui donna des frissons. Que représentaient-elles ? Des monstres ? Des mutants ? Il préféra ne pas s’attarder davantage et poursuivit son chemin.

Soudain le sol se fissura sous ses pieds. Trevor affolé tenta de revenir rapidement sur ses pas. Trop tard. La dalle sur laquelle il se trouvait s’effondra et il tomba alors dans le vide, agitant désespérément les bras en tous sens, hurlant dans son casque. Sa visière se brisa au contact du sol. Il venait de s’écraser une dizaine de mètres plus bas.

Trevor ne bougeait plus. Quand il reprit conscience, il se rendit compte, stupéfait, qu’il était encore en vie, mieux : qu’il pouvait respirer l’air de Mypraïs ! Il toussota et se releva lentement. Où se trouvait-il à présent ? Il faisait sombre. Une odeur piquante flottait dans l’air. Trevor alluma sa torche.

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Un cri glaçant retentit alors. Il sursauta et scruta les alentours en balayant nerveusement l’obscurité de son faisceau lumineux. Comme il aurait souhaité en cet instant pouvoir rejoindre son vaisseau d’exploration ! Trevor eut brusquement l’impression qu’une masse sombre s’approchait, là, 17070203574015263615125330dans la pièce, à quelques mètre de lui ! Il n’attendit pas et courut à toutes jambes vers une issue. Sa combinaison le gênait considérablement dans ses mouvements, mais il fonçait droit devant lui, coûte que coûte. Il parvint bientôt dans une autre salle, cette fois éclairée par de larges fenêtres donnant sur l’extérieur.

Mais Trevor fut pris de convulsions. Il suffoquait, l’air était irrespirable ! Il ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait. Plus il avançait dans cette salle en direction des fenêtres et plus il étouffait. Il lui fallut donc rebrousser chemin et revenir malgré lui dans l’autre, celle plongée dans l’obscurité, celle où le cri horrible avait retenti, celle où il pouvait… respirer…

Le cri résonna à nouveau dans la pièce. Trevor se glissa, tremblant, derrière un bloc de pierre. Le froid l’envahissait. L’obscurité le gagnait…

Trevor flottait dans l’immensité spatiale, au milieu des débris du vaisseau d’exploration en orbite autour de Mypraïs, agitant désespérément les bras en tous sens et suffoquant. La visière de son casque fissurée laissait s’échapper le précieux oxygène. Devant lui, l’engin éventré vomissait des câbles et des cloisons disloquées. Le capitaine n’avait pas pu éviter la collision avec l’astéroïde. Le communicateur lui transmettait ses cris désespérés, ses cris glaçants. Trevor tremblait, le froid l’envahissait, l’obscurité le gagnait. Il ferma les yeux…

- by SF Prototype -

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Angus McKie

RÉCIT SF – Exilé forcé

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Exilé forcé

Cela faisait déjà si longtemps que nous avions quitté la Terre…

Notre vaisseau filait à travers les étoiles, dans les régions les plus reculées de l’univers où nous étions venus non pas en conquérants mais en explorateurs.

Notre équipage se résumait à cinq personnes : le capitaine John Steelness, nos deux scientifiques Judith Maverin et Peter Waxley, le mécanicien Jim Travidge et moi-même, Andrew Colway, reporter. Oui, reporter. On avait jugé bon la présence d’un journaliste parmi les membres de l’expédition afin de narrer cette extraordinaire aventure…

17061509533615263615094829 dans Récit SFLorsque la planète fut en vue, le capitaine régla les préparatifs de descente vers ce monde inconnu. Tout était automatique. La machine remplaçait l’homme. Nul besoin de contrôler, d’ordonner ou de rectifier : les ordinateurs calculaient pour nous. Et ce fut en toute tranquillité que notre vaisseau se posa sur cette nouvelle terre.

Judith fut la première à se ruer au hublot afin de jeter un coup d’œil sur le paysage extraterrestre. Peter la rejoignit très vite. Un sourire se dessina alors sur ses lèvres, ses yeux brillaient. Nous nous étions posés dans un endroit à la végétation dense…

Après avoir enfilé nos combinaisons, nous ouvrîmes le sas et descendîmes du vaisseau, impatients d’aller explorer les environs. Seul Jim était resté à bord sur ordre du capitaine.

Une sorte de jungle étrange étalait ses bras tentaculaires autour de nous. Le feuillage des arbres énormes frémissait sous la brise en changeant de couleur, et des plantes aux larges feuilles noirâtres dégageaient comme une étrange poussière orange. Intriguée, Judith s’approcha de l’une d’elles. Mais à peine s’était-elle penchée vers la plante que la poussière atteignit sa combinaison. Elle se fixa dessus et commença à la ronger comme un acide. J’entends encore les cris de Judith alors que le capitaine et Peter tentaient désespérément de la sauver. La pauvre mourut très vite…

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Alors, dans un accès de furie, le capitaine John Steelness saisit son lasergun et tira, tira, tira comme un fou sur les plantes noirâtres. Peter Waxley avait beau tenter de l’arrêter, le capitaine semblait dément.

Soudain, sans doute attirée par le bruit, une horrible créature surgit des fourrés. Elle ressemblait à un énorme lézard velu. Une langue démesurée jaillit de sa gueule pour s’enrouler autour du capitaine ! Nous n’eûmes même pas le temps de réagir : John fut avalé en une bouchée sous nos yeux horrifiés…

Alors que Peter Waxley, affolé, tentait de rejoindre le vaisseau, notre mécanicien, alerté par les tirs, ouvrait le sas tandis que je me réfugiai derrière un rocher. La créature m’avait repéré. Mais à ma grande surprise elle préféra foncer sur le scientifique qui finit en moins de deux comme notre pauvre capitaine. Je pouvais voir le corps de Peter se débattre dans le ventre du monstre…

Visiblement pris de panique, Jim Travidge eut alors l’idée idiote de s’enfuir hors du vaisseau. Je le vis disparaître un peu plus loin dans des sables mouvants…

J’eus tout juste le temps de courir au vaisseau. Parvenu à l’intérieur, j’actionnai rapidement la fermeture du sas. J’entendis alors la créature heurter violemment la coque. Il était temps. Mais je devais très vite m’apercevoir que cet impact avait endommagé les circuits informatiques. À présent je ne 17061510091715263615094838pouvais définitivement plus faire décoller le vaisseau. J’étais condamné à rester sur ce monde hostile…

À l’heure où j’écris ces lignes, je sais qu’il ne me reste plus beaucoup de jours à vivre. J’ai épuisé presque toutes nos provisions. Néanmoins, avec toute l’énergie du désespoir, j’ai envoyé des messages de détresse. Qui sait ? Peut-être qu’un jour quelqu’un ou quelque chose les recevra et viendra ici, récupérer mon corps…

- by SF Prototype -



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