DATASKANN – Érotisme stellaire

DATASKANN - Érotisme stellaire dans Dataskann 17060602282015263615078906La catégorie Dataskann explore des sujets ou des thèmes propres à la Science-Fiction, elle se fait l’écho de ce qui a déjà été écrit par des spécialistes en citant des extraits d’ouvrages de référence et en faisant part de sa propre réflexion, mais elle peut également aborder seule un thème qui lui tient à cœur. Elle peut aussi reprendre un article déjà publié dans la rubrique du CE13D des Échos d’Altaïr et l’enrichir de données nouvelles.

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Érotisme stellaire

La SF n’est-elle qu’un univers frigide délaissant le plaisir charnel pour les épopées galactiques, les conflits interstellaires, les utopies, les dystopies, les cités et civilisations, les mutants, les robots, le temps et les dimensions ? À l’inverse, l’espace intersidéral peut-il exacerber le désir, ou, pire, les pulsions sexuelles les plus primaires ? Mais tout simplement : le sexe a-t-il vraiment sa place en Science-Fiction ?…

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Laissons d’emblée la parole à James E. Gunn qui écrivait en 1975, dans Alternate Worlds : The Illustrated History of Science-Fiction :

18072902492315263615826280« … Dans la plupart des textes de science-fiction, le sexe et d’autres fonctions naturelles n’ont aucune raison d’être : dans le roman scientifique, le récit technique, le space opera et la plupart des histoires philosophiques. Y inclure des comportements charnels est non seulement sans fondement, mais détourne l’attention de l’intrigue même du récit de science-fiction. Ils n’ont d’importance réelle que dans certains textes sociologiques. »

Dans le Dictionnaire Visuel des Mondes Extraterrestres (éd. Flammarion – 2010), Yves Bosson et Farid Abdelouahab nous préparent le terrain :

« Les mondes extraterrestres représentent pour l’imaginaire un champ extraordinaire de liberté, un fabuleux territoire de projection de nos fantasmes les plus brûlants, de nos hantises et extravagances les moins avouables… Miroirs d’une société forcément oppressante, les créations déforment et grossissent certaines règles et tabous pour nous en restituer une part d’absurde et de vérité. »

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Cependant le sexe est demeuré pendant longtemps l’éternel oublié de la SF… C’est ce que nous raconte Douglas Hill dans son chapitre Les principaux thèmes dans l’Encyclopédie de la Science-Fiction (éd. CIL Beaux Livres – 1980) :

18072902585815263615826282« Le sexe, la plus vieille et la plus élémentaire des pulsions de l’homme, a été la dernière à faire son apparition dans la science-fiction. Certes, les premiers utopistes comme Bellamy et Wells aimaient à choquer leurs lecteurs par des descriptions de futurs libérés sexuellement, où les inhibitions et les tabous n’existaient plus, mais il s’agissait pour eux plus de critiques sociales que de simples relations humaines. À l’extrême, les aventures spatiales pour adolescents de Edgar Rice Burroughs et autres écrivains partageaient une passion pour les princesses martiennes peu vêtues, mais ils laissaient le soin aux imaginations enfiévrées de leurs lecteurs de deviner ce qui se passait « entre les pages ». Et c’était bien là qu’étaient relégués les rapports sexuels de la SF, entre les pages, comme les films hollywoodiens des années 1940 à 1950. »

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Jacques Goimard écrit en 1985 dans le volume Histoires de Sexe-Fiction de sa Grande Anthologie  de la Science-Fiction (éd. Le Livre de Poche) :

« La sexe-fiction ou SF est une variété de pornographie un peu bizarre, qui décrit des pratiques amoureuses impossibles à observer dans la nature. De ce fait, elle est par définition la forme de pornographie 18072903070315263615826284la plus éloignée du simple érotisme, ce qui a priori ne l’empêche pas absolument d’avoir des effets stimulants mais lui complique singulièrement la tâche. On sait déjà que le paradoxe de la pornographie est d’ajouter à la sublimation des pulsions sexuelles – qui est propre à toute littérature – une désublimation de sens contraire – par la représentation des pulsions sexuelles en acte. À ce compte, la SF est triplement paradoxale puisqu’à la désublimation elle ajoute une resublimation, et qu’en outre le contenu de cette resublimation est précisément la culture des paradoxes. Une nouvelle de SF peut malaisément être stimulante pour le sexe et pour l’esprit : cette proposition est vraie de toute pornographie, mais elle est d’une vérité en quelque sorte hyperbolique en SF. »

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Bon… sublimation, désublimation, resublimation… Mais la femme dans tout ça ? La SF la considère-t-elle comme simple objet sexuel ou se montre-t-elle respectueuse à son égard ?… Keith Roberts nous donne son analyse franche et directe dans l’Encyclopédie Visuelle de la Science-Fiction (éd. Albin Michel – 1979) :

« Séduisantes, les femmes de science-fiction sont trop souvent des objets sexuels fondamentalement superficiels, ou de mystérieux tourbillons palpitants, excités par des Besoins Primitifs et, apparemment, toujours en état de semi-jouissance. »

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Mais faut-il se forcer pour avoir du plaisir ?… Jacques Van Herp nous parle d’érotisme crispé dans Panorama de la Science-Fiction (éd. Lefrancq – 1996) :

18072903230215263615826294« L’évolution des mœurs aidant, on peut désormais montrer deux personnages s’accouplant sans autre motif que celui de passer un agréable moment, de réaliser « le contact de deux épidermes » et « l’échange de deux fantaisies ». Mais cet érotisme conserve trop souvent quelque chose de crispé et de tendu. Il sent la vertu démonstrative. On dirait qu’on s’y déshabille avec hargne et provocation. Il est, en outre, remarquable de voir comment certains auteurs féminins (C. Moore et N. Henneberg, pour n’en citer que deux) n’évoquent qu’un érotisme cruel et douloureux : leurs récits sont hantés de femmes si belles que leur seule contemplation est une souffrance. »

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Laissons le mot de la fin à Stan Barets qui, dans son volume 2 du Science-Fictionnaire (éd. Denoël – 1994), nous paye une petite tranche d’humour dans son entrée Sexualité :

« Si vous essayez encore de me mettre le tentacule dans le fablut, je me plaindrai. Vous le savez, Tlum…

- Vous ne disiez pas cela tout à l’heure quand nous avons été nous promener seuls dans le parc à mouches d’Aldebarran ! N’est-ce pas, ma chère Assanelle ? »

Voilà. Des histoires dans ce genre (Merci, Pierre Christin).

Mais aussi des histoires sur des planètes à trois ou cinquante sexes. Avec des extraterrestres aux ressources étranges. Avec des hermaphrodites. Avec des clones. Avec des machines. Et même avec des fleurs… »

- Morbius, d’Altaïr IV -

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